L’organisation politique de Westeros (Game of Thrones)

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L’année 2019 est marquée par la diffusion de l’ultime saison de Games of Thrones, prévue pour le mois d’avril. Les oeuvres de fiction, comme Game of Thrones, sont un terreau fertile pour comprendre le fonctionnement de nos sociétés passées et présentes, voir à venir (!). Apprendre tout en étant en haleine, le sacre ?! Alors, apprenons l’Histoire du droit avec Game of Thrones.

L’œuvre de G. R. R. Martin s’inspire de plusieurs épisodes de l’Europe médiévale (Guerre des deux roses ; Guerre de cent ans etc.) et c’est donc tout naturellement que le Jeu des trônes se place dans un système politique principalement féodal, soit l’organisation des États européens du Moyen-âge.

Les « 7 Couronnes » de Westeros : une monarchie limitée

Le continent de Westeros est divisé en 7 « Royaumes » pilotés depuis une Capitale administrative, économique et politique, Port-Réal. Le pouvoir central s’articule autour de 7 « Etats inféodés » à un Roi, incarnation de l’État central.  Ces États disposent chacun en leur sommet d’un gouverneur nommé ou confirmé par le Roi. De prime abord, les 7 couronnes semblent former un État centralisé unitaire, mais il n’en est rien. En effet, les gouverneurs sont souvent des lords locaux, qui peuvent être déterminant au maintien de l’unité de la Couronne. Ainsi, pour des raisons devenues coutumières, le Nord se doit d’avoir comme Gouverneur un Stark, famille implantée depuis des millénaires dans cette région (l’œuvre nous le démontre lors de la disgrâce des Stark, il fallait que le nouveau gouverneur se marie avec une Stark pour apaiser les tensions dans le Nord). De plus, Dorne jouit d’un statut spécial, puisqu’elle dispose du statut de « Principauté » justifié par son rattachement tardif aux 7 Couronnes et par la résistance politique et militaire de la famille suzeraine locale, Martell. Dorne jouit d’une exception fondamentale par rapport aux autres Royaumes, puisque les lois de succession sont égalitaires (la loi Salique de notre monde peut aller se rhabiller). 

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En réalité, la monarchie des 7 Couronnes est une monarchie limitée, à l’instar du Royaume de France du Moyen-âge, dans laquelle le Roi ne disposait que d’un petit domaine et de vassaux pouvant être plus puissants que lui (par exemple : Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, vassal du roi de France). Les Gouverneurs des royaumes disposent de très grandes prérogatives et jouissent à l’égard du pouvoir central d’une très grande autonomie. Ainsi, les royaumes ont leur propre armée, leurs propres coutumes (qui peuvent être fondamentales) et parfois même leur propre religion (les anciens dieux du Nord). En outre, ils disposent de leurs propres vassaux inféodés, à l’image de l’Europe féodale du Moyen-âge. Néanmoins, une nuance est à faire : les liens féodaux sont relatifs, c’est à dire qu’il n’existe pas de barrières entre le vassal et le Roi des 7 Couronnes, pourtant son suzerain indirect (par exemple, dans les livres Lord Tarly, vassal du Gouverneur du Bief est envoyé par Port-Réal pour rétablir la paix du roi à Viergétang).

Il peut être déduit que les 7 Couronnes s’assimilent, dans leur organisation, à un État fédéral. Par exemple, la souveraineté monétaire (bien que dans les faits une pièce d’or, reste une pièce d’or) semble être un monopole de l’État fédéral, Port-Réal.

En matière de fiscalité, si les royaumes doivent reverser une taxe à la Couronne, les Gouverneurs et leurs vassaux disposent très probablement d’une compétence fiscale déléguée, permettant de prélever des impôts locaux (dans notre monde, le plus connue est la taille). Cette hypothèse paraît logique au vu de l’immensité des 7 Couronnes et des particularismes locaux. Il est invraisemblable que le pouvoir central ait les capacités pour développer une administration fiscale centralisée efficace. 

Enfin, il convient tout de même de souligner que le pouvoir politique est héréditaire et n’est accessible qu’aux nobles (à l’image de la noblesse d’épée française) ; les roturiers étant cantonnés, au mieux, aux fonctions paysannes ou mercantiles.


 Une contribution de Guillaume Flori (actualisée au 04/01/2019)

Relecture de Pauline Mallejac (Comité de rédaction)

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