Le petit guide du parfait dossier de master en droit (1 sur 2)

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Introduction – Petite mise au point pour les randonneurs égarés

            Avant de lire cette première partie (et la seconde), je tiens à préciser aux lecteurs que les conseils que je vais donner sont principalement tirés de mon expérience personnelle. Elle n’est en aucun cas une expérience applicable à tout le monde, chacun pouvant avoir des opportunités ou des stratégies différentes de la mienne. Par mon expérience, j’espère éveiller en vous votre esprit d’initiative car l’admission en master 2 (ou pour certains masters 1 depuis cette année) se mérite !

            Pour commencer, j’ai eu un parcours assez classique : une licence de droit avec une petite mention, puis suivi d’une maîtrise en droit public avec des résultats plus que moyens (mention AB, sans plus) et j’ai quand même réussi à entrer en master 2 ! Aujourd’hui, je suis titulaire du master que je voulais, le Master 2 « Droit et métiers de l’urbanisme » (option Droit immobilier) à la Faculté d’Aix-Marseille. Peu importe l’intitulé du master, mon expérience pourrait inspirer des privatistes également.

Comment ai-je réussi mon coup ? C’est très simple, avec stratégie, patience et persévérance ! Ceux qui s’y prennent qu’au mois de mai pour candidater, ne partez pas, mes propos valent aussi pour vous !

            Dans un premier temps je vous parlerai de la bonne période pour candidater (I), puis des petites astuces qui m’ont permis d’optimiser mes chances (II).

I –La candidature, d’accord, mais quand ?

            Dans la majorité des universités, la période de candidature en master ouvre, grosso modo, entre le mois d’avril et le mois de mai. Bien que certaines universités semblent ouvrir leurs candidatures plus tardivement, au mois de juin.

            Vous allez me dire qu’il faut candidater tout naturellement lorsque les candidatures ouvrent officiellement. Si vous décidez de candidater pendant la période officielle, dites-vous qu’il y a des centaines, voire des milliers d’étudiants qui postulent en master ! Beaucoup de directeurs de master, pas tous et je ne sais pas si c’était le cas pour le mien, ont déjà leur « dream team » quasiment arrêtée avant même le début des candidatures.

            L’objectif pour optimiser vos chances d’admission, vous l’aurez compris, c’est de s’y prendre en avance. Pour cela, il faut déjà avoir décidé du master de vos rêves. Concrètement, au mois de janvier, essayez de prendre contact avec le directeur du master visé. Le but : démontrer l’intérêt pour le master. S’il est dans votre faculté, c’est facile, vérifiez son emploi du temps (généralement accessible sur l’ENT) et allez le voir à la fin d’un de ses cours. Lors de ce premier contact posez lui toutes les questions relatives à l’organisation de son master, des modalités de candidature etc. Montrez-lui l’intérêt que vous avez pour son master. S’il ne peut pas vous répondre, proposez-lui un rendez-vous ultérieur. Bien sûr, s’il n’est pas de votre faculté, recherchez sur le site internet de l’université visée son adresse mail et écrivez-lui votre intérêt pour son master et demandez-lui des renseignements.

Il faut voir un directeur de master comme un employeur. Tout comme ce dernier, il recherche des collaborateurs avec qui il s’entendra. Il n’a aucun intérêt à s’intéresser à des personnes qui lui sont indifférentes, voire anonymes et cachées derrières des numéros de dossier (malheureusement ou heureusement, c’est la nature humaine qui est comme ça).

            Enfin, réitérez la démarche plus tard, environ à trois semaines avant l’ouverture des candidatures. Cette fois-ci vous y proposerez votre candidature spontanée ! J’en parlerai plus en détail plus bas. 

            Bien sûr, s’y prendre en avance ne garantit pas l’admission dans un master. L’appréciation des candidatures est globale et varie énormément selon la finalité du master. En tout état de cause, ça ne peut qu’optimiser vos chances, car vous démontrez que vous savez ce que vous voulez et que vous disposez, en quelque sorte, d’un esprit d’initiative. À noter que cette qualité est indispensable pour tout juriste professionnel, mais n’en demeure pas moins la seule. Donc avis aux retardataires : vous avez toutes vos chances et je vais vous les expliquer maintenant !

II –Quelques astuces pour optimiser les chances d’admission

            Je l’ai dit, s’y prendre en avance est un atout, mais cela ne fait pas tout. Personnellement, j’ai commencé en avance car j’avais la chance d’avoir mon directeur de master en cours magistral. Mais je pense que cela n’aurait pas suffit à être admis si je m’étais contenté de lui manifester mon intérêt pour son master.

            Ce que j’ai fait ? Certaines universités proposent en master 1 de réaliser des rapports de recherches tutorés par des enseignants du master. Vous l’avez peut-être deviné, j’ai choisi d’en réaliser un sous le tutorat du directeur du master que je visais.

Attention, si un tel choix s’offre à vous, sachez qu’il est à double tranchant. En effet, il faut proposer un travail de qualité, faire des comptes rendus réguliers sur l’avancée du travail et surtout avoir une bonne note. J’ai réussi à ressortir avec un glorieux 16/20 après de longues nuits de rédaction et de longues journées de recherches à la BU. C’est cela qui, pour mon expérience personnelle, a pesé en partie dans la balance.

Si votre université ne propose pas de projet tutoré ou que vous visez une autre université, « keep calm », normalement la majorité des universités permettent de choisir ses matières pour l’année en cours. Ici, il faut être stratégique dès septembre et ne choisir que les matières qui se rapprochent du master visé. Pour ma part, j’ai choisi le droit de l’urbanisme en majeur (avec TDs). L’idée est d’avoir des notes correctes, pas nécessairement excellentes. Nous y reviendrons dans la seconde partie.

Un autre point qui pourrait « booster » vos candidatures (je parle aussi aux retardataires), ce sont les lettres de recommandation. Comme sur le marché de l’emploi, une lettre de recommandation émane d’un professionnel reconnu compétent dans son domaine, qui s’engage sur l’honneur de votre compétence dans ledit domaine. Les lettres de recommandation peuvent être demandées à vos chargés de TDs, à vos enseignants, à vos responsables de stage (si vous avez la chance d’en faire) etc.

Bien entendu, toutes les lettres de recommandation ne se valent pas, mais sont souvent prises en compte par les directeurs de master. Si elles ne garantissent pas votre admission, en tout cas elles l’optimisent.

« Si je devais résumer mon expérience et donner les quelques conseils pour candidater en master, en voici 3 points : 

Premièrement, savoir ce qu’il vous plaît ;

Deuxièmement, osez faire des demandes qui y correspondent ;

Troisièmement, ne pas avoir peur de se rater. »

Malcolm MENEGHINI, étudiant en Master 2 « Droit public approfondi » à Aix

            Ensuite, n’hésitez pas à postuler dans plusieurs universités, ça ne fera qu’optimiser vos chances d’admission. Vous pourriez vous retrouver avec de belles surprises, si ce n’était finalement pas le master de vos rêves. Ne négligez aucune opportunité ! Voyez ça comme une grande mise aux enchères, certes plusieurs d’objets sont en vente (les masters), mais qu’il n’y en aura pas pour tout le monde. Les enchères les plus hautes l’emportent, alors économisez et cela passe par toutes ces astuces présentées jusqu’alors.

« Parfois la recherche d’un master 2 ne se passe pas comme vous l’avez imaginée. Il est possible, en fonction de votre université, que vous ne soyez pas pris dans le master que vous désirez. Pour cette raison, il est préférable de postuler dans différentes universités disposant d’un master dans le domaine de votre choix.

Ainsi dans mon cas, je souhaitais postuler dans un master de droit international de l’environnement au sein de mon université, mais n’étant pas certain de mes chances d’y accéder, j’ai également postulé pour un master de droit de la mer et de l’environnement dans une université voisine. J’ai finalement été sélectionné au sein de ce dernier. »

Vincent CHIARO, étudiant en Master 2 « Droit de la mer et de l’environnement » à Nice

Enfin, il faut provoquer, dans la mesure du possible, un entretien avec le directeur du master visé. Normalement, vous avez déjà rencontré le directeur pour demander des renseignements, ou encore mieux pour votre rapport de recherches. « Il vous connaît » (il se souvient de votre visage, quoi). Ici, comme pour la première rencontre, cela marche plus facilement s’il s’agit d’un master de votre faculté actuelle ou d’une faculté environnante (bien sûr, rien ne vous interdit de faire des centaines de kilomètres !).

Demandez un rendez-vous avec le directeur de master, environ à 3 semaines de l’ouverture des candidatures. Votre objectif sera de provoquer un entretien de candidature spontanée ! Un conseil, ne dites pas forcément (directement) que vous allez pour un entretien de candidature spontanée. Vous pouvez prétexter un rendez-vous pour avoir un complément de renseignements. Le travail va se faire pendant l’entretien.

L’entretien se prépare. Il faut essayer de préciser votre projet professionnel, même s’il n’est pas définitif et le connaître sur le bout des doigts. Puis, préparer vos CV et lettre de motivation que vous remettrez alors en mains propres au directeur. Nous parlerons de leur contenu plus en détails dans la seconde partie.

Pendant l’entretien, il faudra aller au tac au tac, savoir quoi dire. Vous ne le savez peut-être pas, vous êtes évalués et sondés par le directeur, même si vous prétextez venir que pour de simples renseignements.

Ainsi, si vous avez opté pour la candidature spontanée indirecte (ie. prétexté une demande de renseignements), renseignez vous, puis petit à petit dévoilez votre volonté de réellement candidater dans le master. C’est l’option que j’ai choisie, peut être par timidité, mais elle m’a permis de palier à ce défaut.

L’entretien se déroulant, commencez à parler de votre projet professionnel et répondez aux questions posées. Bravo ! Vous êtes désormais officiellement évalués. C’est le moment de remettre votre lettre de motivation et votre CV à votre interlocuteur.

Même si cela, encore une fois, ne garantit pas votre admission, vous êtes sûr que le directeur lira votre lettre de motivation et votre CV et qu’ils ne se perdront pas dans la masse des candidatures ultérieures. Il ne reste qu’à candidater officiellement.

Pour moi, il est moralement acceptable d’anticiper ainsi car ce sera le comportement attendu de votre part pour chacune de vos futures recherches d’emploi. 

            Dans la seconde partie, je parlerai de lettre de motivation, de CV et du caractère non déterminant des notes dans un dossier de master.

 

La seconde partie : (cliquez-ici).


Une contribution de Guillaume Flori pour Lextudiant


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