4 juillet 1776 : la déclaration d’indépendance US

Publié par

Le 4 juillet 1776 fut une date très importante dans l’Histoire des États-Unis d’Amérique.

En premier lieu parce qu’avant cette date on ne parlait pas d’États-Unis, mais de « Nouvelle-Angleterre » ou de « Colonies britanniques ».           

Pour comprendre le bouleversement de cette déclaration, il faut revenir quelques mois dans le passé.

Au début des années 1770 personne dans les colonies britanniques, pas même les plus révolutionnaires, n’envisageaient que les colonies d’Amérique du Nord puissent former un jour une nation souveraine. L’Angleterre, c’est le modèle parfait pour les penseurs américains tels John Adams, Benjamin Franklin ou encore James Madison et il apparaissait irréaliste d’envisager de la quitter. En 1775 encore, l’idée n’allait pas de soit.           

Le processus fut progressif. Il s’initia avec la hausse des impôts. En effet, pour parfait qu’il fut, le régime anglais ne permettait aucune représentation des colons américains au sein du Parlement. Or, la représentation était la condition tacite pour être soumis à imposition.

De là, et pour d’autres raisons moins connues, découlent la Boston Tea Party, les premières batailles de Breed Hill et de Boston et finalement la Déclaration d’Indépendance.

Ce texte a, là encore, suscité le doute, au sein même des colonies. Se séparer oui, mais pas trop tout de même. Il ne fallait pas complètement fâcher le royal partenaire de l’autre côté de l’océan, qui facilitait le commerce et permettait à certains colons de posséder des terrains gigantesques. Pourtant, la rédaction de ce document fut confiée à un illustre inconnu, petit bourgeois d’une colonie agraire : Thomas Jefferson.
Ce dernier écrivit, selon ses dires, sur un coin de bureau et sans aucun ouvrage, la Déclaration d’Indépendance qui commence par cette formule éclatante :

« Nous considérons comme évidentes par elles- mêmes les libertés suivantes : les hommes sont créés égaux, et leur Créateur les a dotés de droits inaliénables, parmi lesquelles sont la Vie, la Liberté et la recherche du Bonheur. »

Elle interpelle ensuite le monarque anglais par ces termes familiers :

« George Guelf, Roi de Grande-Bretagne ».

Un bouleversement car la rupture est désormais consacrée. Un bouleversement, car avec elle début officiellement les vagues révolutionnaires occidentales, ou Révolution Atlantique, et qui impliquera la France treize années plus tard.

Mais un bouleversement qui aurait pu être encore plus important. Car, fait méconnu, la version entrée dans la postérité n’est pas l’originale. Jefferson, homme de principes et d’écrits enflammés avait initialement prévu de mettre en avant la condamnation de l’esclavage sans ambiguïté. Le prouvent ces termes :

«  [Le Roi] a mené une guerre cruelle contre la nature humaine elle-même, violant ses droits les plus sacrés comme la Vie et la liberté des personnes qui ne l’avaient jamais offensé, les capturant et les réduisant à l’esclavage….par cet exécrable commerce].

Mais la société actuelle n’était pas encore prête à le dire. Aussi ces propos furent censurés et il fallut attendre de longues décennies pour qu’enfin, ce principe soit consacré.


Une contribution de Clément Guichard.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s