Le juriste doit-il embrasser plusieurs voies ?

Posted by

Il s’agit principalement de réflexions personnelles. Elles n’engagent que son auteur.

Voilà maintenant plus de 2 ans que j’ai obtenu mon master 2. Je n’ai pas eu de mauvais résultats et même plutôt un très bon mémoire de fin d’études. Mais je me pose là, aujourd’hui en 2019, avec plein de questions. Est-ce que la ligne droite toute tracée par les années d’études doit persister jusqu’au jour de notre mort ? Faut-il subir ses études de Droit en silence, pour immédiatement subir une carrière monotone et linéaire tout le restant de sa vie ? Le juriste de formation ne peut-il pas essayer d’explorer d’autres voies ? Ou plutôt, s’il est frileux comme moi, s’il n’essayerait pas de multiplier les voies ?

Multiplier ses sources de revenus, pourquoi pas ?

Aujourd’hui, comme je l’expliquais en filigrane dans un précédent article, le Droit mène à tout, y compris à l’entreprenariat. Pour ce dernier, le Droit le facilite ! C’est sans compter l’avènement des legaltechs qui redistribuent les cartes. Ce qui n’était pas arrivé dans la famille des juristes depuis des décennies, voire davantage. Pourquoi se contenter d’une source de revenus unique, alors que le juriste dispose d’un large éventail de possibilités ?

Ce que je veux dire, c’est qu’il est possible avec le bagage et la rigueur acquise en fac de Droit de multiplier ses sources de revenus. L’idée, c’est être autonome et épanoui, rien que ça. Pourquoi se morfondre dans la monotonie d’une carrière linéaire alors qu’on peut devenir son propre architecte ?

Prenons appui sur quelque chose de plus concret :

Une semaine compte 168 heures. Admettons que vous dormiez 8 heures par jour, il reste 112 heures. Enlevons encore 2 heures hebdomadaires pour les repas, les douches, etc. Ce qui vous laisse approximativement 98 heures pour vous organiser à votre guise.

Parfait, il ne reste qu’à trouver un travail principal (salarié), correspondant 37 – 39 heures (les 35 heures restent assez rares dans le monde juridique). Ce qui laisse une soixantaine d’heures pour faire ce qui vous fait vraiment envie. J’y reviens après cet intermède.

Cinq fruits et légumes
Il y a autant de possibilités que de légumes sur l’étal d’un marché…

Soyons quand même réalistes…

Attention, le but de ce billet n’est pas de se dire : « C’est bon, je laisse tout tomber et je me lance ». Si se lancer sans filet peut être séduisant auprès de certains « formateurs » sur le web aux cris de « carpe diem », selon moi ce n’est pas la marche à suivre. C’est un processus plus ou moins long. Il n’est pas question de vous inviter à quitter le salariat, qui jusqu’à la preuve du contraire reste, sur le principe, une bonne soupape de sécurité. Faut pas déconner non plus !

Il suffit de prendre pour exemple ce qui se passe sur YouTube. Avant de connaître l’autonomie financière, tous les « gros » youtubers avaient un travail à côté. Ce n’est que lorsqu’ils étaient sûrs de pouvoir y vivre qu’ils ont décidé de quitter leur travail salarié. Je vais même plus loin dans le raisonnement. Les vidéastes autonomes financièrement n’ont pas hésité, pour la plupart, de multiplier leurs sources de revenus. Je pense aux vidéastes qui ont lancé leurs propres marques et/ou créé leurs propres produits (livres, films, etc.).

Du côté des juristes, c’est pareil. Il n’a qu’à voir les nouvelles start-ups du web juridique pour s’apercevoir que la majorité de leurs fondateurs, continuent plus ou moins leurs activités juridiques à côté. Je pense par exemple, dans le microcosme de Lextudiant, à Enrick B. Éditions dont une des directrices de collection est aussi avocate ou encore à Sup Barreau dont le Directeur des études est également maître de conférences.

Enfin, multiplier ses sources de revenus ne signifie pas que vous allez devenir millionnaire (ce n’est pas impossible, mais très peu probable). Juste que vous aurez plusieurs fontaines produisant une quantité d’eau, quand un même, un tout petit peu plus supérieure qu’une situation classique.

Vivre en partie de ses passions ? Possible !

Fin de l’intermède, une remarque vous trotte probablement l’esprit. Ok, Monsieur l’Auteur du billet, c’est bien beau ce que tu dis, mais comment je trouve des idées d’activités annexes ? Dans des Kinder surprises ?

Pour commencer, si moi-même je continue dans le Droit, cela ne signifie pas qu’en tant que juriste de formation vous serez contraint de développer des activités juridiques ? C’est limitant et improductif.

Essayez d’identifier vos passions, y compris les plus loufoques. Puis, couchez-les sur une feuille de papier. Normalement, vous aurez une liste de 5-6 passions. Ici, il faut procéder par élimination, est-ce que ma passion pour les timbres tibétains pourrait me dégager une source de revenus ? Certainement pas. Ma passion pour le dessin asiatique ? Ah oui, ça m’a l’air porteur.

Après, il ne reste qu’à choisir le support. Physique ou dématérialisé ? Sur un blog, YouTube ou une boutique en ligne ? J’ai oublié de préciser. Tout ceci n’est possible que grâce à une des plus belles choses (pour le pire, mais surtout pour le meilleur) créées par l’humain : internet.

Le billet n’a pas pour but d’être un guide pour développer son entreprise. Il existe de très bon sites, comme Marketing Mania et le blog d’Olivier Rolland pour les plus connus.

épanouissement
« Le plaisir dans le travail met la perfection dans le travail ». Aristote

Si on n’a pas de passions viables, on fait comment ?

Jusqu’à présent, je vous parlais de créer son entreprise avec une valeur-ajoutée (nouveau produit, concept, etc.) fondée sur une de vos passions. Mais multiplier ses sources de revenus ne signifie pas forcément devenir un serial entrepreneur. Vous êtes juristes (étudiants compris). Vous avez acquis un certain nombre de compétences, accumulé des connaissances, mais surtout, développé une méthode. Pourquoi ne pas proposer des prestations de services liées à l’enseignement et au Droit ? Le juriste est réputé pour sa rigueur.

Aujourd’hui, le statut de micro-entreprise se crée en quelques clics sur le site du Centre des Formalités des Entreprises (CFE) et pour 0 euro (tant que vous n’avez pas de chiffre d’affaires, vous n’aurez normalement pas de taxes à payer). Les start-ups se multiplient et elles ne disposent pas forcément de finances suffisantes pour employer un salarié à plein temps ou même temps partiel. C’est là que vous intervenez en tant que free lance, maître de ses horaires. De même, vous êtes plus compétitif qu’un salarié (à tort ou à raison), puisque l’entreprise qui fait appel à vos services ne supporte pas de charges.

Là aussi, le champ des missions qui pourraient vous être confiées est infini. Pour moi, ça a été principalement de la recherche de prospects pour des partenariats, suivie de la rédaction des contrats de partenariat pour une entreprise.

La limite d’un tel statut tient aux charges fiscales. À partir d’un certain chiffre d’affaires, vous vous retrouvez soumis à un certain nombre de taxes et cotisations assez lourdes (CFE, CET, TVA, IR, etc.). De plus en matière de prestations de service, le chiffre d’affaires est plafonné à 70 000 euros. Dans ce cas, une société unipersonnelle (SASU, EURL, etc.) devra être créée.

* *
*

Le choix vous revient. Si votre seule activité salariée vous convient, gardez-la ! De même et surtout si vous exercez une profession qui demande à prendre plusieurs casquettes, je pense naturellement à la profession d’avocat (à la fois pédagogue, rédacteur, orateur, coursier, etc.) . La direction que vous décidez de donner à votre vie est votre propriété exclusive.

Ce billet n’est que le fruit de réflexions personnelles. N’hésitez pas à apporter votre vision des choses et vos réflexions dans l’espace commentaire. Je serai ravi de vous lire.


Une contribution de Guillaume Flori pour Lextudiant

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.