Le Droit mène à tout, pas seulement à l’avocature !

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Si tous les chemins mènent à Rome, moi je dirais plutôt que Le Droit mène à tous les chemins !

J’en suis sûr vous avez déjà eu droit à la légendaire réponse « c’est pour faire avocat(e) ? », lorsque vous déclinez la nature de vos études. Comme si faire des études juridiques, se résumait à l’avocature. Les séries américaines ont aussi leur lot de responsabilité.

Attention, il n’est pas question dans ce billet de critiquer une profession que je garde en très haute estime. Le titre est seulement provocateur pour faire réfléchir. L’avocature c’est une histoire de tripes. Entre préparer le CRFPA, puis subir l’école du barreau, pour enfin se lancer corps et âme – à temps plein – dans l’arène de la justice sans aucun filet, sans certitude de son avenir (au début), ça ne peut mériter que le respect. L’avocature est une profession ingrate, mais noble dans ses fondamentaux. J’ai des témoignages de mes connaissances avocat(e)s, le sentiment de gagner un procès et de voir sourire son client insolvable n’a pas de prix. Si vous voulez devenir avocat(e), foncez et battez-vous pour endosser cette belle et noble robe noire !

Cependant, il s’avère que les métiers avocats, magistrats, notaires et huissiers (etc.) ne sont pas les seuls Graals de la grande quête de l’étudiant juriste. En effet, le Droit forme à une rigueur méthodologique, ce qui fait du juriste « l’idéal type » des postes à responsabilités (I), aux horizons multiples et parfois même insoupçonnés (II).

I –Les études juridiques un bon ciment pour des postes à responsabilités

Il faut savoir d’emblée que trouver une profession avec seulement que juridique, ça n’existe pas. Pour reprendre encore une fois l’exemple de l’avocat, il doit aussi gérer toute une partie administrative et financière, comme n’importe quel chef d’entreprise.

Le profil de juriste, apprécié pour son sérieux

Le grand avantage des études de droit, c’est qu’elles vous apprennent la rigueur. C’est indéniable, je parle d’expérience, toutes vos tâches seront réalisées avec rigueur et selon un protocole propre au raisonnement juridique. Ainsi, dans une entreprise vous aurez par exemple à créer un portefeuille clients. Vous n’aurez aucune difficulté à mettre en place un process. Comme pour la résolution d’un cas pratique, vous allez normalement raisonner par syllogisme, soit établir une trame générale (par exemple, réunir les informations utiles des potentiels clients, on peut dire que c’est la majeure) ; puis contacter chacun des clients un par un en adaptant à chaque fois votre message (c’est la mineure), avant de procéder au suivi personnalisé du client (la conclusion : vous synthétisez informations générales et informations spécifiques). Pour être plus éloquent, on peut même prendre un exemple plus simple. Lorsque vous écrivez un mail, en tant que juriste, vous aurez plus tendance à catégoriser la trame de votre mail, avec parties et sous-parties. Résultat : un destinataire heureux, puisque le mail est bien organisé tout en allant droit au but.

Autre point, qui fait que les profils juridiques sont appréciés : leur vocabulaire. Un juriste dispose d’un vocabulaire qui lui est propre et réputé pour sa précision. Cette maîtrise des mots est un atout pour les tâches où il faut négocier.

Le juriste, un bon jongleur juridique 

Bien évidemment, le juriste reste bon dans ce qui est juridique. Vous allez me dire que cela va de soi, oui et non. Par exemple, je suis à l’origine titulaire d’un master 2 en Droit de l’urbanisme, sauf que mon travail actuel m’amène à rédiger des contrats de droit privé. Je le fais quand même. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de ma spécialisation, j’ai acquis une méthodologie. Comment ? En effet, savoir rechercher dans les bases de données juridiques, le bon mot clé et le bon raisonnement est le fruit d’interminables études. Rédiger un contrat, c’est comme rédiger un règlement de PLU, la logique ne change pas.

Avoir un bagage juridique développe des compétences insoupçonnées et inexploitées par beaucoup de jeunes juristes. C’est dommage car les nier c’est se tirer une balle dans le pied dans la recherche de son premier emploi. Maintenant, passons au concret !

II –Le Droit, des débouchés à la pelle

Il est temps d’en finir avec les clichés véhiculés par les séries américaines sur la vie palpitante des avocats. Si je vous dis que vous pouvez être juriste ou autre chose et avoir une vie tout aussi palpitante, sentir que vous influencez la société dans ce que vous faites.

Des concours administratifs à profusion

Éducateur spécialisé de la protection judiciaire de la jeunesse, connaissez-vous ce métier ? Il ne s’agit rien plus ni moins d’assurer à des mineurs un avenir convenable, autrement dit les aider à ne pas plonger dans la délinquance une fois adulte. Eh bien, en tant qu’éducateur spécialisé vous aurait autant d’influence, si ce n’est plus, qu’un avocat pénaliste qui ferait relaxer son client !

Les concours administratifs sont prolifiques pour trouver un emploi. Il y en a des dizaines et des dizaines qui s’ouvrent chaque année (catégories A et B). Beaucoup se limitent aux concours des IRA ou de l’ENM, alors qu’il y a en a une multitude. Je pense au concours de « rédacteur » ou « d’attaché ». Ici, il faut passer le plus de concours possible ! Dans les faits, vous aurez loisir d’évoluer via les concours internes, plus accessibles.

Le privé, la « caverne d’Ali Baba » du juriste

En dehors des concours, on peut très bien s’épanouir dans le privé ! Prenons un exemple assez classique et peut-être moins évident : responsable d’un service de recouvrement. De prime abord, ce poste paraît peu intéressant. Détrompez-vous, en réclamant les créances de votre société, vous en arrivez nécessairement à discuter avec le débiteur. Chaque client à son histoire, il vous revient de proposer des solutions. Ainsi, en acceptant un report d’obligation, vous sauvez peut-être votre client d’une liquidation judiciaire et si c’est une société, les emplois qui vont avec.

Avec des études en droit en poche, le privé vous ouvre toutes ses portes (sauf peut-être dans des secteurs plus « matheux »). Ainsi, une amie qui ne trouvait pas de travail avec son Master 2 en droit privé a trouvé un poste de responsable des ressources humaines. Un poste où le Droit est loin d’être prépondérant.

Entreprenariat, une longueur d’avance pour le juriste !

Dernier point complétement négligé par les étudiants en Droit, c’est l’entreprenariat ! SA, SAS, SARL, EURL, EIRL etc. ça vous parle ? Eh bien, en tant que juriste, vous disposez du matériau intellectuel suffisant, sans être affairiste, pour créer l’entreprise de vos rêves. Vous avez une avance incroyable à côté des entrepreneurs sans bagage juridique ! Allez-y, créez, innovez ! Je prends pour caution ma propre expérience. Grâce à mes compétences juridiques, j’ai pu rapidement prendre connaissance du statut d’entrepreneur individuel pour réaliser des prestations de services avec un peu de droit à côté de mon travail principal. Ma méthode de « classement juridique » m’a permis de faire rapidement un état des lieux de ce statut (bancal, si on recherche à pérenniser une activité, pour moi ce n’était que de l’appoint).    

Certains me diront : « Oui, mais je n’ai pas d’idée de concept ». Le Droit est un univers incroyable, puisqu’il ne connaît pas de crise des vocations. L’idée est de : créer quelque chose tournant autour du droit. Je prends pour exemple nos partenaires « La Law Box » et « JurisLogic », concepts novateurs qui cartonnent auprès des étudiants.

Mot de la fin

Ce long billet n’est évidemment pas une liste exhaustive de tout ce que peut offrir le Droit. J’ai essayé de démontrer que le Droit ne s’arrête pas à la robe noire (bien qu’elle reste classe), mais à une multitude de chemins. Il faut aussi pouvoir accepter le fait que faire seulement du Droit relève de l’exploit dans un monde en perpétuelle transformation. Quel dommage !


Une contribution de Guillaume Flori pour Lextudiant

Relecture d’Aloïs Toyane (Comité de rédaction)

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