Récit d’un raté du CRFPA, 6 erreurs à ne pas faire !

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Le CRFPA approche à grands pas et beaucoup de candidats sont certainement à l’heure où j’écris ces lignes en état de liquéfaction avancé. Je me suis donc dit quoi de mieux pour vous rassurer que de vous raconter mon échec du CRFPA ! Pas d’inquiétudes, je suis encore vivant et j’ai aujourd’hui trouvé une voie qui m’éclate et qui me semble plus en adéquation avec mon profil. Cet examen demande un investissement hors norme, avec une marge de manoeuvre très limitée. Ainsi, cumuler les tares peut être néfastes dans sa réussite. Voici, les 6 erreurs qui ont fait que j’ai échoué. 

Erreur n°1 : Ne pas avoir l’avocation 

Si vous passez le CRFPA, vous devez avoir ce qu’on appelle la fibre, le punch, la vocation. Pourquoi voulez-vous devenir avocat ? Il faut savoir que les jeunes avocats sont en moyenne très peu rétribués. Donc, vous devez sonder votre esprit : quelle cause me tient à cœur ? Quelle injustice m’exècre le plus dans le système juridique français ? Est-ce qu’en portant la robe, je pourrais contribuer à ma cause et à la réduction de cette injustice ? 

Dans mon cas, je me suis retrouvé à passer le CRFPA sans ces convictions. Il faut dire que je me suis vu le tenter par pur hasard. En effet, un de mes enseignants de master 2 était avocat très passionné et passionnant. Ainsi, au fil de mes discussions avec lui à la fin de ses cours, la profession d’avocat devenait toute attrayante. C’est ce que je croyais. Ce réveil tardif (je ne dis pas qu’il y a un âge pour devenir avocat) ne jouait pas vraiment en ma faveur. Je n’avais pas cette fibre qui coulait en moi. Démonstration faite, je ne compte plus repasser le CRFPA alors qu’il me reste encore 2 essais. Si vous voulez vraiment revêtir la robe noire, tentez-le autant que vous le pouvez ! 

Erreur n° 2 : Abuser du planning 

Préparer le CRFPA demande un temps considérable, au vu de la masse du programme (surtout en droit administratif pour ma part). Ce qui suppose d’avoir une organisation en béton. Le problème, c’est qu’on a tous tendance – y compris pour les plus méticuleux – à ne plus se tenir au planning qu’on s’est fixé. Plus le temps passe, plus le respect du planning devient périlleux. 

Dans mon cas, je m’étais fixé un planning récurrent avec des horaires spécifiques pour préparer telle ou telle matière. Sauf que les semaines passant, les tranches horaires finissaient par se décaler et certaines sessions de révisions par se raccourcir. Rajoutez une dispersion (j’en parle plus loin), les révisions ne furent plus optimisées et efficaces. À la fin, je me surprenais à me forcer à relire un cours, juste pour respecter l’horaire,  efficacité 0. 

Dans ce cas, si la monotonie est votre ennemie, n’hésitez pas à varier vos plages horaires. N’hésitez pas aussi à passer sur une autre matière si vous estimez maîtriser le contenu de la partie du cours à réviser. 

Voilà ce qui risque de vous arriver si vous abusez du planning !

Erreur n° 3 : Ne pas s’approprier l’exercice de la note de synthèse 

La note de synthèse est le cœur des écrits du CRFPA. Sa maîtrise peut faire la différence et sa négligence est fatale, même si on cartonne en spécialité (c’est du vécu). 

Pour ma part, il y a vraiment deux choses qui m’ont fait passer à côté de la note de synthèse : 

  • Ne pas en avoir fait assez ;
  • Ne pas m’être approprié une méthodologie.

Si comme moi, vous détestez cet exercice, il n’y a pas de secret : il faut se forcer à en faire et refaire. Plus on fait de notes de synthèse plus les automatismes de réalisation se débloquent. Je n’ai pas de chiffre à donner, il varie d’une personne à l’autre. Une chose est cependant sûre : sans essayer de s’approprier une méthode, en faire 100 n’y changera rien. 

La méthode, tous les IEJ et les prépas ont la leur. Bien sûr, il faut bien commencer à utiliser la méthode donnée par ces établissements, avant d’affiner et de trouver SA méthode.  

Personnellement, déjà pas convaincu par l’exercice, j’utilisais une méthode bête et méchante de relecture et de synthétisation des documents par ordre chronologique. Je perdais plus de temps à lire et à synthétiser mes documents qu’à me concentrer sur le plan et la rédaction. Il suffisait que le sujet ne me parle pas, comme ce fut le cas le jour J, pour m’écraser lamentablement. Mes notes lors de ma préparation étaient assez aléatoires : entre 7 et 15. L’aléa était trop présent. 

Ne faites pas comme moi, appropriez-vous une méthode, faites absolument tout pour réduire l’aléa. Selon moi avec le recul, une bonne méthode c’est avant tout un aléa très faible dans la notation. Il vaut mieux avoir entre 9 et 12 qu’entre 7 et 15. Pendant vos entraînements, n’hésitez pas à optimiser des points clés, à vous sonder plutôt que subir une méthode par défaut. Faites, refaites, recommencez, imprégnez-vous, réussissez ! 

Erreur n° 4 : Se reposer sur ses préférences

Vous cartonnez en spécialité ? Vous aimez lire et relire vos cours de spécialité ? Le droit des obligations et la note de synthèse ne vous attirent pas ? Arrêtez tout ! 

J’avais pris comme spécialité : « droit administratif et procédure administrative ». Pourtant, aux entraînements je cartonnais. Je me suis rapidement dit que je pouvais davantage me concentrer sur ce que j’aime, à savoir le droit administratif et sa procédure (ne me jugez pas). Oui, j’arrivais parfois à avoir des 18 aux entraînements, avec un 14 en droit administratif et 13 en procédure à l’examen. Le problème ? J’ai eu 5 en droit des obligations. 

Le droit des obligations imposé à tous les candidats depuis la réforme du CRFPA en 2017, n’était pas ma tasse de thé. Donc, comme bon candidat qui se respecte, j’ai bâclé les révisions de la matière… Je me disais que « de toutes façons, j’ai ma spécialité pour compenser ».  

La leçon à retenir, si vous voulez devenir avocat, il faudra se forcer à travailler ce qu’on n’apprécie pas. C’est fini le temps de la licence et même du master où on pouvait faire l’impasse sur le cours de droit des sûretés et quand même s’en sortir avec 13 de moyenne. 

Erreur n°5 : Négliger son environnement de travail 

Avoir un bon environnement de travail c’est la base, je ne vous apprends rien. Cet environnement de travail se divise en deux composantes n’ayant pas la même portée :

  • L’endroit où vous allez réviser. Un bureau personnel, un bon éclairage, du matériel à portée de main, du calme et une machine à café est un bon environnement de travail. 
  • L’environnement social, c’est la somme de toutes vos interactions sociales. Autrement dit, l’ambiance qui règne chez vous ou avec vos amis. L’humain est un animal social, il a tendance à mimer les comportements qui l’entourent. Si un de vos amis déprime, il est possible que vous déprimiez aussi. De même, si vous vivez un deuil ou la maladie d’une proche, votre moral ne sera pas au plus haut. 

Pour continuer sur l’environnement social, il peut être dévastateur s’il n’est pas contenu. C’est notamment le cas lorsqu’il s’ajoute au stress de l’examen et au manque de sommeil qui en découle. Le cocktail peut être explosif. Attention, il n’est pas question de pointer du doigt LE responsable d’un échec au CRFPA. Ça serait trop facile, sauf traumatisme très grave. C’est l’accumulation d’erreurs qui fait qu’on ne passe pas. 

Si vous êtes dans le cas d’un environnement social peu favorable, je ne peux que vous conseiller de vous couper des éléments négatifs lorsque cela est possible. Le cas échéant, essayez de faire du sport ou de voir des proches avec un état d’esprit positif. Surtout, n’hésitez pas à prendre un ou deux jours de repos si vous en ressentez le besoin. 

Erreur n° 6 : Se disperser  

Les révisions du CRFPA, au moins durant les 2 mois d’été, sont un travail à plein temps. Il est très difficile, voire impossible d’obtenir le précieux sésame en travaillant à côté. En somme, il faut vivre CRFPA

Dans mon cas, c’était la gestion d’une association et de ce site internet. Impossible de ne pas passer quotidiennement des heures sur mes autres projets. Il m’arrivait parfois de sauter un créneau de révision. Rajoutez la lassitude du planning, je ne vous fais pas un dessin, les heures de retard se sont cumulées. 

Un conseil, si vous avez la chance de ne pas vivre seul, déléguer toutes vos tâches, y compris le ménage (!). C’est temporaire. Si vous en avez vraiment la vocation, ce moment d’égoïsme profitera au final à votre entourage (vous serez l’avocat de la famille, la classe). 

La réaction de vos proches en vaudra la chandelle… ou pas.

Bien sûr, cette liste d’erreurs n’est certainement pas exhaustive. Elle n’est que le résultat de mon expérience personnelle. Certains ne se retrouveront pas dans cette énumération. Cependant, une chose est sûre : n’hésitez pas à vous remettre en question. Aux personnes pour qui mon récit aura pu servir, ne lâchez rien !  Essayez de corriger tout ce que vous pouvez. À l’heure où j’écris ces lignes, il ne reste qu’un mois avant l’examen. Corrigez vos travers les plus évidents, le CRFPA se joue bien souvent au dixième de point. Ne faites pas d’impasse ! 

Force et honneur ! 


Bonus : Mon intervention sur mon échec au CRFPA (conf. « Être avocat » by Sup barreau)

Une contribution de Guillaume Flori

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