Vérifier la qualité d’une source juridique sur internet

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À la base, je n’avais pas vraiment d’idée de sujet. Puis, je me suis retrouvé devant une publication qui parlait de la qualité des sources juridiques, mettant en garde des sites et divers blogs. Cependant, tout le monde n’a pas accès aux bases de données juridiques, parce qu’elles sont techniques ou/et onéreuses.

Je me suis alors dit pourquoi ne pas parler d’une méthode de vérification des sources, valable pour tous ! Comment s’assurer de la fiabilité d’une source juridique ?

Bien sûr, quand je parle de « sources juridiques », je ne parle pas des sources institutionnelles, des manuels de droit ou des bases de données juridiques payantes (bien qu’il puisse y avoir des coquilles), mais bien des informations glanées sur les blogs et site internet divers.

Trêve de bavardages, rentrons dans le cœur du sujet.

Le tiercé gagnant de la fiabilité d’une source

Personnellement, je procède ainsi, notamment lorsque je travaille sur une publication. J’utilise le triptyque : date, auteur, sources et un petit plus de sécurité.

La date

L’actualité est primordiale en droit. Il faut donc se poser les bonnes questions : l’actualité est-elle indispensable pour m’informer sur le sujet (les exigences seront moindres pour une information sur le droit féodal) ? Si oui, de quand date cette source ? Est-elle antérieure à la dernière réforme (une recherche préalable sur les textes peut être utile) ? Si non, nous pouvons passer à l’étape suivante.

L’auteur

Là aussi comme précédemment posons-nous les bonnes questions : l’auteur est-il mentionné ? Si oui, est-il juriste professionnel (professeur, avocat, juriste, magistrat…) ou au moins spécialiste du sujet qu’il traite (par exemple : si l’auteur a fait une thèse sur le sujet sans être forcément juriste) ?

Les sources citées

C’est, je pense, le plus important des points : l’article cite-t-il ses sources ? Si oui, quelles sont ses sources ? Sont-elles fiables et actuelles ? Ainsi, un article du « Gorafi » (journal parodique) daté d’il y a 5 ans ne semblera pas être un choix crédible.

Pour présumer de la qualité des sources citées par l’article, il faut tout simplement identifier leur nature : textes de lois et règlements à jour, articles de doctrine publiés sur des revues juridiques à comité de lecture (Dalloz, Lexis Nexis…), des sources institutionnelles.

Attention, lorsque l’article se fonde sur des articles de presse. J’y reviens plus loin. Si vous voulez pousser le vice, jusqu’au bout, vous pouvez vérifier la qualité de chacune de ces sources en réutilisant ce triptyque. Mais généralement, la date, l’auteur et la nature des sources citées suffisent à présumer de la qualité de l’article.

Bonus, la citation par les paires et/ou spécialistes

Si vous avez besoin de plus d’assurances, vous pouvez regarder si l’article est repris par d’autres juristes et/ou spécialistes du sujet traité. En principe, une recherche Google permet de voir où l’article a été repris. Ici, aussi à vous d’identifier l’auteur qui cite cet article. La preuve sociale est un gage de qualité. Cependant, elle n’est pas absolue. Personne n’est à l’abri des biais cognitifs.

Un petit mot sur les articles de presse

La presse a pour objectif d’informer avec plus ou moins de rigueur (je ne vais pas faire le procès de la presse, ce n’est pas le sujet) le public. De ce fait, la presse (d’information) est généraliste. Ainsi, lorsque nous faisons une recherche sur un sujet technique. L’information technique (et non la substance du sujet d’actualité) se trouve imprécise et parfois contradictoire. Je prends pour exemple la rédaction d’une publication que j’ai réalisée sur la suspension du parlement britannique. J’ai consulté plusieurs articles de presse et à ma grande surprise aucun article n’était d’accord sur l’étendue des prérogatives de la reine du Royaume-Uni. Tantôt on disait qu’elle devait accepter la suspension, tantôt on disait qu’elle avait le choix. Qui croire ? Dans ce cas, j’ai cru mon bon vieux manuel de droit constitutionnel.

Les articles de presse sont à manier avec prudence. Si vous n’avez pas le choix, il ne faut pas hésiter à croiser les sources. Dans tous les cas, ils restent un bon point de départ pour un travail de recherche (du général au spécifique, je vous renvoie à mon article sur la méthode de recherche du mémoire).


Bien entendu, la méthodologie est valable pour n’importe quel sujet, y compris non juridique. Je tiens à préciser que toutes ces explications ne sont bien sûr pas absolues. Dans tous les cas, si vous voulez une fiabilité maximale sans effort, les bases de données juridiques (payantes) avec comité de relecture seront vos meilleures amies.

Il existe des bases de données gratuites, je vous en livre quelques-unes par ici.


Une contribution de Guillaume Flori

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